Le vin naturel

Il faut se méfier du terme « vin naturel », beaucoup de détracteurs de ce mode d’élaboration diront que tous les vins sont naturels parce qu’ils estiment que la transformation du jus de raisin se fait par des levures dans tous les cas et donc que c’est un produit naturel.

Pour moi (voir source) et d’autres vignerons qui adhérons  à cette « philosophie » de travail, vin naturel signifie:

– D’une part on doit cultiver nos vignes sans utiliser de produits de synthèses pour les traitements (on utilise essentiellement du cuivre, du soufre et des préparations à base de plantes qui renforcent l’immunité de la vigne), comme pour l’agriculture biologique, biodynamique…

– Les vendanges se font manuellement, car l’objectif est de garder l’intégrité du raisin jusqu’au moment où l’on va le mettre en cuve, afin de ne pas triturer, altérer le raisin et donc de limiter au maximum les doses de sulfites sur vendange. Les vendanges manuelles sont également un moment très convivial qui permet de savourer  le travail d’une année à la vigne en cueillant des beaux raisins et en les respectant.

– Enfin au niveau de l’élaboration du vin, lorsqu’on produit des vins naturels, le seul additif que l’on est censé utilisé est le dioxyde de soufre pour son effet antioxydant (notamment pour les vins blancs) et son effet antiseptique lorsque les fermentations ne se déroulent pas comme on veut. Le but est d’en utiliser le moins possible afin de ne pas dénaturer la complexité aromatique des vins. Certains vignerons travaillent sans ajout de dioxyde de soufre (SO2) sur tout ou partie de leur production, on dit alors « vin nature ». Hormis le SO2, on n’ajoute donc rien d’autre dans le vin. Les fermentations se font grâce aux levures indigènes présentes sur les raisins.

Goût et santé :

* Au niveau du goût, il y a des différences mais elles sont subtiles. Du fait de ne pas ensemencer le jus de raisin en levures sélectionnées, nous laissons travailler les différentes espèces de levures qui sont présentes dans notre environnement (plus ou moins désirables) et donc nous obtenons des vins avec une multitude d’arômes qui peuvent parfois interpeller le consommateur lambda qui n’a pas l’habitude de les sentir dans des vins plus « technologiques ». Le nez et le goût des vins « naturels » vont évoluer au cours de la dégustation, parfois ils ont besoin qu’on les carafent, aèrent, avant de les déguster, pour atténuer les notes réductrices (animales) et dégazer le vin (impression de pétillement en bouche).

* « Meilleur pour la santé »,  il est difficile de dire et de justifier cela. En tout cas quand on sait que, dans le vin,  la substance la plus nocive pour la santé est le dioxyde de soufre (sulfites), le fait de limiter son usage, voire de s’en passer est une très bonne chose pour les consommateurs, surtout pour les gens qui boivent plusieurs verres quotidiennement.
D’autre part les raisins traités avec des molécules de synthèse (pesticides) produisent des vins dans lesquels on retrouve ces mêmes molécules qui comme on le sait ne sont pas sans conséquence sur notre environnement, notre organisme et notre santé.

En fait les « vins naturels » sont des vins vrais avec des défauts et des qualités mais c’est ce qui fait leur originalité et ce qui plaît à tous les amateurs de vins naturels. Des vins qu’il faut comprendre, qui sont vivants et dont les humeurs varient en fonction du temps, des saisons.

C’est réellement le vin boisson, le vin que l’on boit facilement en accompagnant un repas ou pas ! Et qui ne fait jamais mal à la tête!

Source : Jérémie ILLOUZ, vigneron à Cahors (France).

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